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Category Archives: Mobilité

Essai auto Skoda Octavia restylée

Skoda Octavia Combi 1.5 eTSI 116

Un monstre de polyvalence

Best-seller de Skoda, l’Octavia reste plébiscitée tant par les professionnels, que par les particuliers. Une situation enviable qui devrait être confortée grâce à ce restylage, qui voit l’arrivée d’un moteur essence mild-hybrid sobre et convaincant. De quoi faire de l’Octavia eTSI un monstre de polyvalence…

Depuis son rachat par le groupe Volkswagen dans les années 90, Skoda a toujours eu un positionnement malin, en proposant la technologie VW au plus juste prix, en ajoutant un habitacle vaste et bien équipé. Et si le design quelque peu ingrat des premières Skoda de l’ère Volkswagen pouvait rebuter, ce n’est désormais plus du tout le cas. Preuve en est avec cette 4ème génération d’Octavia. L’Octavia, déclinée en berline à hayon ou en break « Combi », c’est le best-seller de Skoda, et dès qu’on passe un peu de temps en sa compagnie, on sait vite pourquoi.

Le style, actualisé depuis le dernier restylage intervenu fin 2024, gagne en modernité avec ses optiques à LED épousant désormais la calandre et ses clignotants à défilement – marque habituelle des « premiums » – mais il devrait résister aux outrages du temps grâce à son classicisme assumé. Et bien que basée sur une plateforme MQB Evo servant à la Golf, l’Octavia s’étire sur 4m70. Une longueur record pour une berline qui n’a de « compacte » que le nom, qui permet de préserver une excellente habitabilité (empattement de 2m69), y compris aux places arrière, trop souvent sacrifiées. On comprend pourquoi autant de taxis l’ont adoptée, et plus encore à travers son dérivé Combi (+ 1100 €), qui offre une capacité record de 640 dm3 sous la tablette. Ne cherchez pas : il n’y a pas mieux dans la catégorie ! Vous serez également séduit par la présentation à bord, autant « techno » que valorisante. Outre des plastiques moussés à cœur bien ajustés, cette dernière Octavia embarque un combiné d’instruments numériques paramétrables, ainsi qu’un écran tactile haute résolution pour gérer le GPS et l’infodivertissement. Un vrai air de haut de gamme dès le ticket d’entrée Sélection, avec en prime pas moins de 5 ambiances différentes.

Mieux, l’Octavia a le bon goût de conserver des boutons en guise de raccourcis pour gérer des fonctions essentielles comme la climatisation, et elle ajoute quelques aspects pratiques bien pensés, rendant la vie plus facile. A l’occasion de ce restylage, l’Octavia a fait le ménage dans sa gamme de moteurs, en supprimant momentanément les hybrides rechargeables. Elle compense en proposant toujours un 2.0 TDI calibré pour les gros rouleurs, où comme ici un petit 1.5 TSI de      116 ch, épaulé par une micro-hybridation 48V (123 g de CO2/km). Contre toute-attente, ce bloc modeste pouvant être couplé à la douce et réactive boite DSG à 7 rapports, donne pleinement satisfaction dans la majorité des cas rencontrés sur la route. Il faut dire que malgré son gabarit, l’Octavia Combi ne pèse que 1326 kg à vide.

En outre, ce 4 cylindres TSI coupe la moitié de ses cylindres à faible charge, et peut même passer en mode « roues libre » de façon imperceptible lorsqu’il n’est pas sollicité, permettant de ramener la consommation moyenne à seulement 6,2 l/100 km durant notre essai. Le tout est accompagné d’un confort exemplaire, bien servi par une insonorisation soignée et un amortissement souple. Affichée dès      31 110 € en Combi avec ce moteur (33 480 € avec la DSG et le mild hybride), cette Octavia eTSI peu dynamique mais économique à l’usage et pragmatique séduit par son homogénéité. Mieux : elle donne l’impression rare à ce niveau de prix d’être surclassée.

Thomas RIAUD

En parfaite « Symbioz »

Renault lance de nouveau SUV en rafale ! Après l’inédit coupé baptisé justement Rafale, place à ce Symbioz, trait d’union entre le Captur à qui il doit beaucoup, et le plus grand Austral. Un SUV qui a l’art du compromis…

Bien que généraliste, Renault est en passe de devenir un spécialiste du SUV. En effet, excepté les classiques Clio et Mégane, tous les autres modèles ont pris de la hauteur et surfent sur cette tendance forte. Et la nature ayant horreur du vide – tout comme les gammes des constructeurs – Renault lance cet inédit Symbioz de 4m41 de long, chaînon manquant entre le compact Captur (fraîchement restylé), et l’Austral, voire même le SUV-coupé Arkana. Inédit sur la forme, ce Symbioz n’est pourtant pas complètement nouveau puisque, comme l’Arkana, il repose sur une plateforme de Captur, allongée pour les circonstances de 17 cm. Une inflation sensible qui bénéficie à l’habitabilité, notamment au niveau des places arrière, grâce à une banquette pouvant astucieusement coulisser sur 16 cm. Mais c’est le coffre qui en profite le plus, en gagnant 130 litres, portant sa capacité de 434 à 548 litres selon la configuration. Sans surprise, pour assurer des économies d’échelle, le Symbioz hérite de la planche de bord du Captur restylé, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Console centrale « flottante », instrumentation numérique fluide et intuitive complétée par un grand écran tactile de 10,4’’, mais aussi de vastes et nombreux espaces de rangement sont de la partie, le tout servi avec une finition très correcte. Comme sur le dernier Scénic (qui est désormais 100% électrique) ou le Rafale, le Symbioz peut même adopter – monnayant 1500 € en plus – un toit vitré panoramique opacifiant par sections de LED, le très convaincant Solarbay.

Une voiture a vivre

Bref, vous l’aurez compris, ce Symbioz renoue avec l’ADN de Renault en étant une vraie voiture à vivre ! Mais à conduire, cela donne quoi ? Toujours pour réduire les coûts, ce SUV hérite des mêmes mécaniques que les Captur et Arkana, essentiellement des ensemble full-hybrides, comprenez par-là que la batterie se recharge seule, en roulant, grâce à la récupération d’énergie au freinage. Cela se fait bien sûr de façon totalement transparente pour l’utilisateur, comme nous avons pu le constater avec notre modèle d’essai, animé par l’éprouvé 4 cylindres 1.6 E-Tech de 145 ch. Particulièrement convaincant en ville, il permet de rouler 80% en mode électrique, la petite batterie de 1,2 kWh autorisant même jusqu’à 3 km d’autonomie sans consommer. Sur route, l’apport de cette batterie est moins probant, en venant juste épauler le moteur lors d’une accélération par exemple, le tout étant bien servi par une boîte à crabot bien plus réactive que les systèmes à variateur présents chez Toyota notamment.

Il n’empêche, en roulant « aux panneaux »,on parvient à ne pas consommer plus de 6 l/100 km, ce qui est plutôt flatteur.Enfin, comme d’habitude chez Renault, le compromis entre confort et tenue de route est idéal, avec un confort parfaitement préservé. Avec un prix de départ fixé à 34 900 €, le Symbioz n’est pas spécialement bon marché et arrive sur un marché encombré, mais il séduit par son excellente homogénéité.

Bien vu

Habitacle vaste et modulable
Compromis confort – tenue de route
Mécanique agréable et sobre à l’usage

A revoir

Tarifs un peu élevés
Style assez consensuel
Pas de palettes au volant

Fiche technique

Moteur : 4 cylindres essence 1598 cm3 + système hybride
Batterie : 1,2 kWh
Puissance : 145 ch en cumulé
Couple : 250 Nm en cumulé
Transmission : aux roues avant
Dimensions (L x l x h) en m : 4m41 x 1m80 x 1m57
Poids : 1423 kg
0 à 100 km/h (sec) : 10,9
Vitesse maxi (km/h) : 170
Conso moyenne (WLTP) : 4,8 l/100 km
Rejets de CO2 : 105 à 109 g/km selon équipement

Thomas Riaud

Quand le courant passe

En offrant enfin une autonomie digne et des temps de recharge courts, l’Audi Q6 e-tron se pose comme une alternative crédible aux classiques SUV thermiques. A condition d’accepter de payer le prix fort !

Le nouveau Audi Q6 e-tron a le bon goût de ne pas ressembler à une voiture électrique en adoptant une robe musclée et équilibrée qui irait parfaitement à un modèle thermique. Mais le plus intéressant ne se voit pas, puisque ce SUV de 4m77 de long renferme dans sa plateforme PPE – commune au nouveau Porsche Macan – ce qui se fait de mieux en voiture électrique. Celle-ci abrite une grosse batterie de 100 kWh (dont 94,9 kWh utiles), permettant d’alimenter toutes les déclinaisons, du sportif SQ6 (489 ch) au Q6 quattro ici à l’essai (387 ch), mais aussi un Q6 Performance 4×2 de 306 ch (en attendant une version plus abordable nantie d’une batterie plus petite de 83 kWh et d’un seul moteur). Par rapport au Q8 e-tron, les progrès sont plus que tangibles, avec une chaîne de traction 33% plus performante, tout en réduisant les consommations de 30% ! De quoi faire grimper l’autonomie jusqu’à 623 km (cycle mixte WLTP), ce qui place ce Q6 en vraie alternative face à un modèle essence.

Tout pour le plaire, sauf le prix !

Le vrai renouveau passe aussi par le traitement de son vaste intérieur, doté d’une planche de bord high-tech « 2.0 ». Outre les compteurs paramétrables (11,9’’) et un écran central tactile de 14,5’’ dédié à l’infodivertissement, le Q6 peut recevoir en option un 3ème écran côté passager de 10,9’’ pour vous assister dans la navigation… ou regarder un film ! Il faut un certain temps pour apprivoiser toute cette technologie, mais cela se fait intuitivement, surtout qu’il existe de judicieux raccourcis. Sur route, malgré la monte d’énormes roues de 21 pouces, ce Q6 se distingue d’emblée par son confort remarquable, tant au niveau des suspensions, qu’acoustique. Accélérations vives sur les 4 roues (un moteur par essieu), silence de roulement et consommation mesurée (20,5 kWh en moyenne), permet de rouler sereinement durant près de 500 km. Et grâce à son architecture 800 V, la recharge sur borne rapide passe de 10 à 80% en 21 minutes, le rendant enfin pertinent sur les longs trajets !

Le tableau serait idyllique si les prix étaient plus réalistes : comptez 83 450 € pour ce Q6 quattro en finition Design !

Bien vu

Style agréable
Confort remarquable
Technologie au top
Autonomie intéressante

A revoir

Prix trop élevés
Trop d’options dans des « packs »
Détails de finition

Fiche technique

Moteur : 1 moteur électrique synchrone/asynchrone par essieu
Batterie : 100 kWh
Puissance : 387 ch en cumulé
Couple : 580 Nm (train arrière) + 275 Nm (train avant)
Transmission : quattro non permanent
Dimensions (L x l x h) en m : 4m77 x 1m94 x 1m69
Poids : 2400 kg
0 à 100 km/h (sec) : 5,9
Vitesse maxi (km/h) : 210
Conso moyenne (WLTP) : 17 à 19,4 kwh/100 km
Rejets de CO2 : 0 g/km

Thomas Riaud

QUAND LE VINTAGE FAIT RECETTE !

C’est bien connu, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ! un adage qui colle parfaitement aux automobiles, certains constructeurs revisitant leurs modèles iconiques, pour mieux nous séduire. Découverte d’un panel – non exhaustif – de nouveautés au look néo-rétro

ALFA ROMEO 33

En automobile, pour gagner de l’argent, beaucoup d’argent, il faut soit produire en masse un modèle à succès, faire « du volume » et dégager une petite marge sur chaque unité, soit, au contraire, se limiter à seulement quelques unités et les vendre à prix d’or à une clientèle triée sur le volet. C’est le cas de la sublime Alfa Romeo 33, une supercar qui rend un hommage appuyé au modèle du même nom, une beauté produite à seulement dix-huit unités de 1967 à 1969 ! Sa digne héritière, bien que nettement plus grosse (4,63 m contre 4 m), adopte des galbes identiques, mêlant sensualité et agressivité, y compris les fameuses portes à ouverture en élytre. Sur le plan technique, la nouvelle 33 a dû composer avec les normes d’aujourd’hui, et reprend le châssis de la Maserati MC20 ainsi que son moteur. Il s’agit d’un V6 biturbo de 3,0 litres de 620 ch, bien qu’Alfa Romeo laisse le choix avec un moteur électrique de 750 ch. Mais sur les trente-trois exemplaires prévus (tous vendus plus de 1 million d’euros !), seules deux unités seraient, pour l’heure, commandées en électrique.

FIAT 500/600

Avec l’inusable 124, la lilliputienne 500 est l’un des best-sellers de Fiat. Mais si la vénérable berline 124 est depuis quelques décennies remisée au musée, la petite 500, sans doute bien inspirée par l’insolent succès d’une certaine Mini anglaise (une autre icone vintage remise au goût du jour), a été relancée en 2007. Un coup de génie qui a sauvé Fiat de la faillite, ses Panda, Tipo et autres Croma peinant à convaincre. Mieux, la 500 est devenue une vraie famille, comptant même un petit SUV (500X) et une familiale (500L). Joliment redessinée, sans trahir ses fondamentaux, l’immortelle 500 passe désormais à l’électrique (y compris le dérivé sporif Abarth), et sa nouvelle version 5 portes exhume le nom de 600. Un concentré de charme latin qui s’affiche dès 18 200 euros.

RENAULT 5

Renault a tapé dans le mille en lançant, en 1972, la R5, une citadine d’une incroyable modernité (ligne compacte, boucliers en plastique renforcé, hayon…), taillée sur mesure pour se déplacer dans cette nouvelle France des Trente Glorieuses, qui voyait s’étendre loin des villes les banlieues. Cinquante ans plus tard, il s’agit de décarboner l’automobile, et c’est pourquoi la future R5, qui reprend l’aspect jovial de sa devancière, sera 100 % électrique. Destinée à remplacer la Zoe, cette nouvelle R5 « revival » offrira une certaine polyvalence, puisqu’elle pourra parcourir jusqu’à 420 km (batterie de 42 et 52 kWh au programme), son moteur délivrant, selon les versions, de 125 à 150 ch. Annoncée pour le printemps 2024, la future R5 devrait s’afficher à moins de 25 000 euros en premier prix.

MICROLINO

Smart n’est pas le premier à avoir proposé une micro-citadine à l’encombrement réduit. Après-guerre, faute de matières premières suffisantes et de pouvoir d’achat satisfaisant, nombre de constructeurs ont développé leur petite voiture idéale. Certains se souviendront probablement de l’Isetta, produite dès 1955 en Italie par Iso, mais aussi en Allemagne par BMW et même en France par Velam (« Véhicule léger à moteur »).

Atypique avec sa porte frontale unique, l’Isetta connaîtra un beau succès que va tenter de réitérer la mignonne Microlino (fabriquée en Suisse), qui s’en inspire directement. Homologuée comme un quadricycle lourd (à l’instar de la Citroën AMI), la Microlino adopte un moteur électrique de 16 ch, lui permettant d’atteindre 90 km/h. Quant à l’autonomie, elle va de 90 à 230 km selon la batterie embarquée. Élitiste, cette adorable Microlino n’est pas donnée : de 17 990 à 22 990 euros, ce qui fait cher du kilo !

FORD MUSTANG

Née voilà tout juste soixante ans en Amérique, la Mustang est un pur produit marketing, destiné avant tout aux nombreux jeunes issus du fameux «  baby-boom  ». Son succès ira bien au-delà, la Mustang devenant un véritable phénomène, et ce, jusqu’en France. Elle fera même sa star au cinéma (« Bullitt », « Un homme et une femme », « Le Marginal », « 60 secondes chrono »…). Après bien des errements dans les années 1980-90, Ford a su revenir avec bonheur aux fondamentaux à partir de 2005, la Mustang retrouvant son design caractéristique, en coupé comme en cabriolet, avec un bon gros V8 sous le capot. Un cocktail irrésistible (Ford a écoulé plus de 10 millions d’exemplaires toutes versions confondues depuis 1964 !), mais pas au goût de l’État français, qui la pénalise à hauteur de 60 000 euros en malus, soit plus que son premier prix (49 900 €). Eh oui, en France, on achève bien les chevaux…

TOYOTA LAND CRUISER

Le monde du 4×4 ne manque pas d’icônes indémodables, remises savamment au goût du jour par les constructeurs. Ainsi, outre-le Range Rover, mentionnons la Jeep Wrangler ou encore la Mercedes Classe G. Nous allons désormais pouvoir ajouter à cette liste le Toyota Land Cruiser, qui va, à travers sa nouvelle génération, revenir avec bonheur aux fo
rmes caractéristiques des anciennes versions, notamment les légendaires HDJ 70 et 80.Ailes musclées, formes cubiques et retour aux phares ronds donnent un aspect rétro vraiment irrésistible, les dernières technologies prenant bien sûr place à bord. Sous le capot, cette référence du tout-terrain s’en remet à un bon vieux 4 cylindres 2.8 turbo diesel de 204 ch, associé à une boîte auto à huit rapports. Une version taillée pour l’aventure et les longues distances qui risque de se faire massacrer par notre malus national. Verdict au premier semestre 2024, lorsqu’il sera commercialisé.

VOLKSWAGEN ID.BUZZ

Depuis le dieselgate de 2015, Volkswagen tente de « rouler plus blanc que blanc » et de se racheter une conduite en passant à l’électrique à marche forcée. Avec plus ou moins de succès, il faut bien le dire, sa gamme électrique « ID » peinant à convaincre, les prix salés n’étant sans doute pas étrangers, cumulés aux soucis propres liés aux autos électriques (autonomie, temps de recharge). Un écueil de taille qui concerne aussi le dernier-né de la gamme, l’utilitaire ID. Buzz, affiché à 59 450 euros minimum en version de base avec la batterie de 77 kWh (419 km d’autonomie), un modèle qui rappelle furieusement le Combi des sixties. Comptez évidemment bien plus pour bénéficier du prochain dérivé « California », la version van modulable, qui devrait dépasser les 80 000 euros. Dans tous les cas, dommage que VW n’ait pas songé à le décliner en hybride-rechargeable pour séduire un plus large public.

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Thomas Riaud

TOUJOURS VERTE !

Pionnière des autos hybrides, la Toyota Prius s’est toujours montrée plus « verte » que ses rivales, grâce à une technologie efficace parfaitement maîtrisée. Une avance qu’entend bien conserver cette cinquième génération, qui se fait hybride rechargeable.

De vilain petit canard réservé aux écolo-addicts, la Prius s’est muée en modèle grand public. Il faut dire que la pionnière des hybrides a donné naissance à un vaste marché, devenu incontournable en Europe où prime la chasse au moindre gramme de CO2. Mais comme dit l’adage, « L’enfer est pavé de bonnes intentions », et pour notre bien, l’Europe n’en manque pas ! Comme le cycle d’homologation WLTP, la dernière norme en place, qui favorise largement les hybrides rechargeables, puisque les consommations sont calculées en circulant les deux tiers du temps en électrique. Or, la nouvelle Prius excelle dans ce domaine grâce à sa grosse batterie de 13,6 kWh, autorisant 86 km d’autonomie en mode zéro émission. Résultat, la Prius est homologuée selon le protocole WLTP à seulement 0,5 l/100 km en consommation mixte et 11 g de CO2 /km ! Un score digne d’une élection de république bananière, qui a poussé de facto Toyota à bannir la classique Prius full hybrid du marché européen, au seul profit de la variante PHEV, bien plus chère ! Fort heureusement, pour avaler la pilule, cette cinquième génération de Prius se fait bien plus désirable. Autre grande première pour ce modèle : la Prius est enfin sexy ! Au point de prendre des airs de coupé, les poignées de portes arrière étant dissimulées dans les montants. Et pour gagner en élégance, cette Prius se fait plus râblée (4,60 m contre 4,65 m auparavant) mais aussi légèrement plus large de 2 cm (1,78 m) et plus basse (1,43 m contre 1,47 m précédemment). Mis bout à bout, tout cela transfigure la voiture. Dommage que l’esthétique ait pris parfois le pas sur les aspects pratiques. Aux places arrière, la garde au toit est désormais trop juste pour des adultes dépassant 1,80 m. Quant au coffre, il confine au ridicule en se limitant à 284 l, soit moins que la plupart des citadines. Clairement, cette Prius ne fera plus, comme jadis, le bonheur des taxis. Mais paradoxalement, elle risque de séduire les amateurs de conduite. Un comble pour la mascotte des autos écolos ! Car la Prius s’intéresse enfin au conducteur !Elle dispose d’un compteur digital placé loin en retrait du petit volant, façon i-Cockpit de chez Peugeot, un écran tactile de 12,3 pouces venant en complément au sommet de la console centrale. Même la finition bâclée des anciens modèles n’est plus qu’un lointain souvenir. Certes, certains plastiques rigides demeurent, mais ils cèdent du terrain au profit de matériaux plus valorisants, tant à l’œil qu’au toucher.

Cette Prius est donc bonifiée, mais tient-elle ses promesses sur la route ? Oui, et plutôt bien. Forcément, avec 223 ch disponibles en cumulé, cette berline pousse comme une GTI (0 à 100 km/h en 6,8 sec), et ce sans faire patiner exagérément la boîte automatique eCVT. Et pour ne rien gâcher, outre un amortissement bien calibré, permettant de virer presque à plat dans les virages, la direction combine précision et réactivité.

Métamor-phosée, cette Prius ! Sauf dans un domaine, et c’est heureux : la sobriété. Bien sûr, batteries chargées à fond (prévoy 6 heures sur une borne de 3,5 kW maxi), on découvre une Prius semblable à une voiture électrique, pouvant avaler 86 km (dans la limite de 135 km/h) sans consommer de carburant. Après, batteries vides, le 4 cylindres 2.0 de 152 ch prend le relais, discrètement, au point de se faire oublier. Y compris à la pompe, puisque la consommation moyenne n’excède pas les 4,5 l/100 km sans pratiquer de l’écoconduite, une valeur honorable pour une auto de ce gabarit et poids (1,6 t). Cette performance, la Prius la doit à la batterie, qui n’est jamais totalement vide, de façon à fonctionner comme une hybride classique. Au final, rouler en Prius n’est plus un acte militant, tant elle a su se bonifier là où il le fallait. Dommage que l’habitabilité régresse fortement et que les prix explosent de près de 4 000 euros, la nouvelle Prius s’affichant de 43 900 à 51 500 euros.

Toyota Prius Les tarifs (en TTC) : de 43 900 à 51 500 euros.

Thomas Riaud

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