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Category Archives: Portrait

LA MÉDITERRANÉE, SOURCE INFINIE D’INSPIRATIONS

Visite du fonds de dotation maison mode méditerranée, à Marseille, à la recherche d’une énergie créatrice enchanteresse. Entre ruban raphia et bleu infiniment indigo

Un air de raphia, par Jacquemus

Il y a un an, Simon Porte Jacquemus défilait sous une pluie de raphia pour sa collection baptisée du même nom. Trouvant son inspiration autant chez Christian Delacroix que chez Jean Paul Gaultier, Jacquemus présente ses nouvelles collections à son rythme et selon ses inspirations. Pour la prochaine saison estivale, paréos et maillots de bain suffisent à habiller une silhouette. Avec une gamme de vêtements non genrés inspirés des tailleurs masculins et aux découpes franches pour la nuit. Motifs légèrement psychédéliques, teintes ocres : l’hommage à la Provence revient en clin d’œil à l’une des collections (« Les Santons de Provence ») qui a fait son succès, avec ce défilé́ sur la passerelle reliant le fort Saint-Jean au Mucem à Marseille. « Jacquemus, c’est un phénomène, insiste Serge Carreira, membre du conseil stratégique du Fonds de dotation Maison Mode Méditerranée. Sa récente collaboration avec Nike a été l’un des plus grands succès de l’année, de même que l’ouverture de sa boutique. »

Gabriella Cortese, Antik Batik

Née en Italie, et après un passage à Paris, Gabriella Cortese part découvrir le Népal, l’Afghanistan, puis le Tibet, avant de s’installer en Inde. C’est là qu’elle définira son style et créera Antik Batik, sa maison de prêt-à-porter, jouant l’équilibre entre l’air du temps et les savoir-faire traditionnels. Aujourd’hui installée à Marseille, elle puise sa créativité dans la Méditerranée, d’où parviennent, acheminées par bateaux, beaucoup de matières premières telles que les indiennes et les pigments, deux éléments que l’on retrouve souvent dans ses créations. La Méditerranée, c’est aussi pour elle Yves Saint Laurent et son lien fusionnel avec le Maroc pour les couleurs, les matières, l’atmosphère. Elle vient de rejoindre la communauté de la Maison de la mode méditerranéenne, « un lieu qui, comme la culture méditerranéenne, a à cœur de préserver les savoirs, et qui a une véritable culture de la transmission ».

La chemise, le changement, par Anaïs Guéry

Pour son nouveau projet baptisé RÉ.TABLI, Anaïs Guéry revient sur l’évolution de la chemise et ses détails de confection. Tantôt masculine, tantôt féminine, parfois uniforme militaire et parfois sous-vêtement, la chemise condense les aspérités de la mode. Ainsi, les chemises RÉ.TABLI – de couleur bleu indigo – dévoilent des poches, des cols montants, des placements de boutons typiques des coupes masculines, des rayures qui évoquent le travail contemporain. En une seule pièce, la chemise devient un élément de style renouvelable à l’infini, témoin d’une histoire de mode non linéaire pour un vêtement qui a connu des mutations multiples et doit l’une de ses nombreuses évolutions aux corps armés. Diplômée de l’Institut français de la mode (IFM), des Arts décoratifs de Paris, du London College of Fashion, Anaïs Guéry a travaillé à New York, puis à Paris, chez Christian Dior, Balenciaga et Cacharel. En 2014, elle lance sa marque, A. GUERY, conjuguant héritage couture et expérimentation artistique. En 2016, elle devient lauréate de la Maison Mode Méditerranée à la suite de son travail artisanal d’une grande originalité consacré à l’indigo.

Sur un air de Méditerranée

L’exposition Alaïa / Grès propose un dialogue entre les deux couturiers avec 60 pièces, loin des coups de foudre sitôt nés, sitôt éteints. «Dès quel’on a trouvé quelque chose de caractère personnel et unique, il faut l’exploiter à fond et en poursuivre la réalisation sans s’arrêter et jusqu’au bout», disait Madame Grès. Comme si elle pensait à Azzedine Alaïa et que celui-ci parlait en son nom. En toile de fond, ici, d’anciennes cartes géographiques de la Méditerranée.

Là, le noir, cher à Alaïa, qui réfléchit si bien la lumière de Tunis. Et la couleur craie, ainsi que le beige et l’ivoire, couleurs des sculptures antiques. Deux solitaires dans leur atelier, deux couturiers… et pourtant un jeu de robes comme un jeu de miroirs qui reflète leur envie commune de donner corps à leur vision personnelle des habits.

Plus d’info : Fondation Azzedine Alaïa, Paris 4e, jusqu’au 11 février 2024

Belle dehors et dedans, par Bouchra Jarrar

Après s’être nourrie d’histoire de l’art à Nice, Bouchra Jarrar est diplômée de l’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, en 1994. Pendant vingt ans, elle arpente les maisons prestigieuses, de Jean Paul Gaultier à Balenciaga ou encore Christian Lacroix. En 2009, elle lance sa maison éponyme, avec des coupes de haut vol, faites de matières subtiles et de couleurs réinventées. Sa signature ? Une ode fervente à l’allure, sans concessions, qui force le respect. Nommée directrice artistique des lignes Femmes chez Lanvin en 2016-2017, cette étape lui ouvre de nouveaux horizons. Bouchra Jarrar va prendre le temps d’une introspection et se lance dans la photographie. De ces noirs et blancs avec lesquels elle joue, se livre et se délivre, elle a fait sa force, captant toujours intensément la lumière. En 2020, elle lance ses lignes Edition. Belle dehors et dedans, elle continue depuis à puiser dans le sillage de ses racines tout ce qui fait d’elle une artiste singulière, généreuse et passionnément vivante.

Dominique Deveaux

LA MÉDITERRANÉE, SOURCE INFINIE D’INSPIRATIONS

Visite du fonds de dotation maison mode méditerranée, à Marseille, à la recherche d’une énergie créatrice enchanteresse. Entre ruban raphia et bleu infiniment indigo

Un air de raphia, par Jacquemus

Il y a un an, Simon Porte Jacquemus défilait sous une pluie de raphia pour sa collection baptisée du même nom. Trouvant son inspiration autant chez Christian Delacroix que chez Jean Paul Gaultier, Jacquemus présente ses nouvelles collections à son rythme et selon ses inspirations. Pour la prochaine saison estivale, paréos et maillots de bain suffisent à habiller une silhouette. Avec une gamme de vêtements non genrés inspirés des tailleurs masculins et aux découpes franches pour la nuit. Motifs légèrement psychédéliques, teintes ocres : l’hommage à la Provence revient en clin d’œil à l’une des collections (« Les Santons de Provence ») qui a fait son succès, avec ce défilé́ sur la passerelle reliant le fort Saint-Jean au Mucem à Marseille. « Jacquemus, c’est un phénomène, insiste Serge Carreira, membre du conseil stratégique du Fonds de dotation Maison Mode Méditerranée. Sa récente collaboration avec Nike a été l’un des plus grands succès de l’année, de même que l’ouverture de sa boutique. »

Gabriella Cortese, Antik Batik

Née en Italie, et après un passage à Paris, Gabriella Cortese part découvrir le Népal, l’Afghanistan, puis le Tibet, avant de s’installer en Inde. C’est là qu’elle définira son style et créera Antik Batik, sa maison de prêt-à-porter, jouant l’équilibre entre l’air du temps et les savoir-faire traditionnels. Aujourd’hui installée à Marseille, elle puise sa créativité dans la Méditerranée, d’où parviennent, acheminées par bateaux, beaucoup de matières premières telles que les indiennes et les pigments, deux éléments que l’on retrouve souvent dans ses créations. La Méditerranée, c’est aussi pour elle Yves Saint Laurent et son lien fusionnel avec le Maroc pour les couleurs, les matières, l’atmosphère. Elle vient de rejoindre la communauté de la Maison de la mode méditerranéenne, « un lieu qui, comme la culture méditerranéenne, a à cœur de préserver les savoirs, et qui a une véritable culture de la transmission ».

La chemise, le changement, par Anaïs Guéry

Pour son nouveau projet baptisé RÉ.TABLI, Anaïs Guéry revient sur l’évolution de la chemise et ses détails de confection. Tantôt masculine, tantôt féminine, parfois uniforme militaire et parfois sous-vêtement, la chemise condense les aspérités de la mode. Ainsi, les chemises RÉ.TABLI – de couleur bleu indigo – dévoilent des poches, des cols montants, des placements de boutons typiques des coupes masculines, des rayures qui évoquent le travail contemporain. En une seule pièce, la chemise devient un élément de style renouvelable à l’infini, témoin d’une histoire de mode non linéaire pour un vêtement qui a connu des mutations multiples et doit l’une de ses nombreuses évolutions aux corps armés. Diplômée de l’Institut français de la mode (IFM), des Arts décoratifs de Paris, du London College of Fashion, Anaïs Guéry a travaillé à New York, puis à Paris, chez Christian Dior, Balenciaga et Cacharel. En 2014, elle lance sa marque, A. GUERY, conjuguant héritage couture et expérimentation artistique. En 2016, elle devient lauréate de la Maison Mode Méditerranée à la suite de son travail artisanal d’une grande originalité consacré à l’indigo.

Sur un air de Méditerranée

L’exposition Alaïa / Grès propose un dialogue entre les deux couturiers avec 60 pièces, loin des coups de foudre sitôt nés, sitôt éteints. «Dès quel’on a trouvé quelque chose de caractère personnel et unique, il faut l’exploiter à fond et en poursuivre la réalisation sans s’arrêter et jusqu’au bout», disait Madame Grès. Comme si elle pensait à Azzedine Alaïa et que celui-ci parlait en son nom. En toile de fond, ici, d’anciennes cartes géographiques de la Méditerranée.

Là, le noir, cher à Alaïa, qui réfléchit si bien la lumière de Tunis. Et la couleur craie, ainsi que le beige et l’ivoire, couleurs des sculptures antiques. Deux solitaires dans leur atelier, deux couturiers… et pourtant un jeu de robes comme un jeu de miroirs qui reflète leur envie commune de donner corps à leur vision personnelle des habits.

Plus d’info : Fondation Azzedine Alaïa, Paris 4e, jusqu’au 11 février 2024

Belle dehors et dedans, par Bouchra Jarrar

Après s’être nourrie d’histoire de l’art à Nice, Bouchra Jarrar est diplômée de l’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, en 1994. Pendant vingt ans, elle arpente les maisons prestigieuses, de Jean Paul Gaultier à Balenciaga ou encore Christian Lacroix. En 2009, elle lance sa maison éponyme, avec des coupes de haut vol, faites de matières subtiles et de couleurs réinventées. Sa signature ? Une ode fervente à l’allure, sans concessions, qui force le respect. Nommée directrice artistique des lignes Femmes chez Lanvin en 2016-2017, cette étape lui ouvre de nouveaux horizons. Bouchra Jarrar va prendre le temps d’une introspection et se lance dans la photographie. De ces noirs et blancs avec lesquels elle joue, se livre et se délivre, elle a fait sa force, captant toujours intensément la lumière. En 2020, elle lance ses lignes Edition. Belle dehors et dedans, elle continue depuis à puiser dans le sillage de ses racines tout ce qui fait d’elle une artiste singulière, généreuse et passionnément vivante.

Dominique Deveaux

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