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Category Archives: Lifestyle

NOUVEL IMAGINAIRE, NOUVEAU PARADIS… EN VERSION TECH ?

En 2024, le salon maison&objet fête trente ans de décoration, de design et d’art de vivre à la française. Après « enjoy » l’an dernier, cette nouvelle édition, qui aura pour thème « tech eden », vise un nouvel optimisme onirique et poétique, tourné vers une biophilie futuriste comme nouvel écrin de bien-être

Nouveaux futurs et paradis retrouvés

Au travers d’expériences immersives, « Tech Eden » invite les professionnels à repenser la création et l’aménagement des espaces, augmentés par l’innovation technologique, adoptant des démarches esthétiques et environnementales engagées. Si la science-fiction a changé d’époque et de discours, la création aussi. Fini donc le voyage spatio-temporel et les mystérieux extraterrestres de 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick,1968). Si la dernière épopée fantastique d’Avatar 2 (James Cameron, 2022) nous immerge dans une nature fantasmée, Le Règne animal (Thomas Cailley, 2023), en prise avec la mutation d’un monde aux créatures hybrides entre homme et animal, concrétise le changement culturel et sociétal profond, sublimé par un récit poétique et émotionnel. Comme un désir de reconquérir non plus l’espace mais un paradis originel et un retour à une vie sauvage exaltée par les progrès scientifiques.

Soft-tech au service du bien-être ?

Reflet de cette quête de bien-être dans tous les lieux de vie (maisons, bureaux, chambres d’hôtel et même spas…), Maison&Objet a lancé, en septembre 2023, son nouveau secteur « Well-being & Beauty ». L’idée ? Réconcilier les rituels de bien-être et les innovations technologiques douces. La recette pour (re)favoriser le sentiment de cocooning, à l’heure des smartphones et tablettes, de l’impression 3D et de la progression exponentielle des intelligences artificielles. Pour Jean-Louis Frechin, dirigeant et fondateur de NoDesign.net, auteur, enseignant à l’école Camondo de Paris,

« Nous entrons dans une fusion entre notre milieu naturel et la technologie. Cette nouvelle nature, l’Anthropocène, subit les déséquilibres d’un abus de technologie et d’une utilisation inconsidérée des ressources de la planète, qu’il faut réajuster ». À partir de la physique, des phénomènes scientifiques, des technologies, les créateurs devraient désormais développer des solutions durables et équilibrées. « À l’heure des intelligences artificielles où de nombreux objets peuvent être conçus et produits automatiquement, poursuit-il, la seule question est de savoir comment nous souhaitons habiter ce monde. »

Explorateurs technophiles en quête d’utopie

« Les explorateurs sensitifs s’emparent des avancées technologiques et les mettent au service d’une vie quotidienne augmentée et sur mesure, afin de se composer un environnement onirique et bienfaisant », expliquent Brune Ouakrat, planneur stratégique et prospectiviste, et Charlotte Cazals, designer et trend forecaster chez Peclers Paris. En découlent la notion d’un design et d’un éveil biophilique, des expériences durables et technologiques qui s’adressent à une tribu émergente fédérée par les réseaux sociaux. Dans un univers hyperconnecté, digitalisé et physique, entre réalité et fiction, les visites virtuelles, les lunettes 3D en réalité augmentée côtoient l’aromathérapie, la luminothérapie, convoquant l’éveil des cinq sens de l’être humain dans les lieux de l’hospitalité de demain. Les restaurants conçus dans une décoration chaleureuse « comme à la maison » refont surface, tandis que le Spa Laurea du Savoy Palace propose une immersion totale dans la verdure, près de la mythique forêt de Madère. Les consommateurs de demain sont à la recherche d’expériences plus qualitatives, mais au potentiel évolutif très marqué, résolument écoresponsable, à l’image du projet d’hôtel en impression 3D, El Cosmico, au Texas, conçu en collaboration avec BIG, ICON et Liz Lambert

Maison&Objet Paris DU 18 AU 22 JANVIER ET DU 5 AU 9 SEPTEMBRE 2024

« Tech Eden » sera décliné en plusieurs lieux. L’espace « What’s New ? In Retail » dévoile trois nouvelles tendances à découvrir : le minimalisme sustainable (notion de durabilité), le brutalisme durable (reemploi et matériaux recyclés) et la fluidité organique. L’espace « What’s New ? In Decor » d’Elizabeth Leriche rebat les cartes d’une décoration d’intérieur inspirée du thème traduit en motifs, textiles, installations et décors immersifs. Enfin, « Hospitality Lab » imaginé par Peclers Paris propose trois capsules d’évasion biophiliques, immersives et prospectives : un café-espace bien-être, des spas luxueux dans les chambres d’hôtel et des lieux d’attente qui se muent en salles de sport immersives.

Plus d’info : https://www.maison-objet.com/paris

Dominique Deveaux

LE SOIN DE MANIÈRE SI GENEREUSE !

Rencontre avec quatre personnes au parcours atypique qui, de tout temps, ont rêvé de soigner nos êtres – et un peu nos âmes – et le font aujourd’hui avec un talent démultiplié. Portraits croisés

Sylvain Vereycken-Lazou, une vie multiple de 3

Après avoir redoublé trois fois, Sylvain Vereycken-Lazou vient tout juste de terminer son internat à Dijon. Atypique, ce dernier n’a jamais imaginé consacrer totalement sa vie à la médecine. Tout au long de ses études, il a multiplié les activités, espérant trouver ici ou là non pas une mais « des bouffées d’oxygène ». D’abord, dans le village d’Arleuf, situé quelque part dans la Nièvre ; passionné de cinéma, le jeune médecin a repris et cogère avec deux amis associés « Le Cornemuse », un restaurant-salle de concert-cinéma d’une capacité de 300 places. Si « un bon médecin ne peut pas se contenter de passer tout son temps dans son cabinet », ce lieu de vie est idéal pour installer un climat de confiance. S’ensuivent des discussions sur les tracas de la vie et les soucis de santé… avant une première consultation. En parallèle, le jeune médecin, qui a converti sa vieille mobylette à l’électrique, a pris la cogérance d’un garage de belles mécaniques, situé près de Dijon. Administratif, comptabilité, gestion des salariés : il y gagne de précieuses connaissances, utiles pour gérer son futur cabinet médical. Quant à son avenir ? Il se projette dans le Morvan, dont il apprécie « le calme, la tranquillité, les paysages vallonnés ». De là à donner des consultations dans plusieurs communes morvandelles, aucune hésitation, car il se « sent plus utile dans un désert médical que dans une zone qui ne manquerait pas de médecins ».

Plus d’info : https://lecornemuse.com/

Vie de château pour médecin exerçant en désert médical

C’est en 2005 que le Dr Grégory Lovato, jeune médecin alors âgé de 29 ans, décide de prendre la direction de Château Lajarre, qui appartient à ses grands-parents, pour en faire un nom qui compte dans l’appellation bordeaux-supérieur.Depuis, il mène donc une véritable double vie. En Dordogne d’abord, dans son cabinet où il reçoit en moyenne plus d’une cinquantaine de patients de 8 h à 21 h chaque jour. Pas le temps de déjeuner ou simplement d’un biscuit. « Je travaille dans ce qui est un désert médical, et beaucoup ont besoin de nous, y compris à domicile. » Une vie qu’il partage avec cinq autres médecins à la maison de santé de Montpon-Ménestérol. En Gironde, ensuite, dans son château Lajarre, situé sur la commune de Mouliets-et-Villemartin, au bout du bout du vaste vignoble de l’Entre-deux-Mers. « Venir ici, au calme, me rebooste. Je n’imaginais pas une seconde la vente de cette maison où notre famille a tant de souvenirs. » Sans oublier l’appel de son ascendance : tandis que ses arrière-grands-parents paternels exploitaient une propriété viticole en Vénétie, ses autres arrière-grands-parents possédaient le Clos Lassalle (premier cru classé de saint-émilion, aujourd’hui disparu) et des vignobles dans le Bergeracois. En 1973, son grand-père, déjà propriétaire du Château Canon Montségur, en AOC Castillon côtes de Bordeaux, achète le Château Lajarre, une propriété dont l’origine remonte au XVIIIe siècle qui a appartenu au duc de Lorge, puis à Jean Gautier, maire de Bordeaux, pair de France et ministre des Finances de Louis-Philippe. La propriété a aujourd’hui une superficie de 40 ha d’un seul tenant, dont 33 ha de vignes plantées sur deux sols distincts : sablo-graveleux en pied de côte et argilo-calcaire sur les côteaux.

Plus d’info : https://www.chateau-lajarre.com/

Bruno Verjus, de la médecine au Guide Michelin

Il a obtenu un deuxième macaron au Guide rouge, il y a un an. À 63 ans, Bruno Verjus n’a pas son CAP de cuisine. Mieux : pendant ses études, il s’est arrêté en cinquième année de médecine ! Avant d’ouvrir son restaurant « Table », en 2013, à 53 ans, il a eu plusieurs vies professionnelles, comme photographe, journaliste au magazine Omnivore et à France Culture, chef d’entreprise, blogueur. Et il a vécu dix-huit ans en Chine. Autodidacte, obsédé par la qualité et les circuits courts, il s’est « laissé guider par les événements et le fait que dès qu’il s’ennuie quelque part, il cherche à changer les choses ». Sur le site internet extrait de son livre « L’Art de nourrir », écrit pendant les confinements et paru chez Flammarion l’année dernière, s’affiche une belle promesse : « la façon dont on se nourrit décide du monde dans lequel on vit ». Au menu début novembre, on pouvait se délecter d’une huître naturelle raidie, mole noire en condiment rémoulade, d’un ruban de seiche enroulée d’herbes et fleurs sauvages, tozachou, d’une lotte enflammée de feuilles de laurier, sauce moule et safran, puntarelle, cédrat main de Bouddha et anchois. Avant de fondre sur la tartelette au chocolat Pérou – infusion de câpres de Linosa et caviar osciètre, huile de noisette. Hommage à Claudio Corallo et Jacques Genin.

Plus d’info : https://table.paris

Nina Métayer, première femme élue meilleure pâtissière du monde !

Originaire de La Rochelle, la cheffe parisienne a remporté le titre de Pâtissier mondial de l’année 2023, décerné par l’Union internationale des boulangers et pâtissiers, à Munich. C’est la première fois qu’une femme reçoit ce prix. Nina Métayer est connue pour son expertise en boulangerie, qui influence sa pâtisserie, notamment ses galettes des rois particulièrement sophistiquées. Femme de conviction et de passion, Nina Métayer se bat quotidiennement pour qu’évoluent le rôle et le statut des femmes dans les métiers de la gastronomie : « Je veux montrer aux jeunes femmes qui ont des rêves que même si ce n’est pas facile tous les jours, il ne faut rien lâcher, pour au moins essayer de les réaliser. » Comme on aime le partage au sein de la rédaction de Sant’évasion, c’est à l’unanimité que nous avons craqué sur sa tarte au citron meringuée (citron yuzu pour le crémeux, zestes en fonction de l’arrivage, mariage délicat entre la puissance du fruit et la douceur de la meringue, pour [re]découvrir les saveurs subtiles d’agrumes d’exception) mais aussi son fabuleux saint-honoré, sans vous dire toute l’émotion révélée par la craquante au chocolat ! Plus d’info : https://ninametayer.com/

Dominique Deveaux

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