Pour un autre regard sur la planète Terre
Le 4 septembre 2026, l’ONU a lancé un appel visant à remplacer la carte du monde par une nouvelle représentation qui reflète « de manière plus fidèle la taille réelle des continents ». Adoptée par l’Assemblée générale, la résolution « Correct the Map » vise à corriger l’anomalie de la projection de Mercator… qui date du XVIe siècle : ainsi, loin de faire la même taille que le Groenland, le continent africain s’avère 14 fois plus grand que celui qui se situe au Pôle Nord ! C’est ce que l’on découvre avec cette nouvelle carte appelée « Projection Equal Earth », expression qui se traduit officiellement par
« projection égale de la Terre » dont l’ambition vise à mieux refléter les dimensions réelles des masses continentales. La carte de Mercator – qui faisait jusqu’ici référence – a été créée en 1569 par le cartographe flamand Gérard Mercator. Alors que son but visait avant tout à guider les marins européens sur les océans, Mercator avait décidé de tracer des lignes droites pour faciliter les relèvements à la boussole. Un procédé qui atteint ses limites, car transférer une sphère comme la Terre sur une surface plane oblige à tricher sur les volumes : pour conserver les angles sur une représentation plane, Mercator a dû élargir les lignes de la grille à mesure qu’elles s’éloignaient de l’équateur vers les pôles.
Tenant compte de la courbure de la Terre, sa carte rend les pays proches de l’équateur bien plus petits qu’ils ne le sont en réalité… et ceux situés près des pôles bien plus étirés qu’ils ne le sont réellement. Un rendu qui a des effets psychologiques non négligeables et crée des biais d’interprétation : de manière instinctive, nous considérons plus important ce qui est plus grand. Selon le géographe kenyan Kioko Muendo, « les cartes façonnent la manière dont les régions sont perçues sur les plans politique et économique ». Aussi, pour remédier à ce problème de perception, la carte « Equal Earth » a été mise au point en 2018 par une équipe mondiale de cartographes, avec des résultats surprenants : ainsi les grandes puissances, dont l’Europe, la Chine et la Russie, voient leurs surfaces diminuer sur ce nouveau planisphère. Dès le 4 septembre dernier, la France a pris les devants par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a rappelé « qu’en matière géopolitique, corriger une représentation biaisée, c’est déjà faire œuvre de vérité »… à l’inverse des États-Unis de Donald Trump, qui ont voté contre le texte de l’ONU, dénonçant « un positionnement idéologique inutile face aux crises mondiales ». Seule exception notable sur l’échiquier international.
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Dominique DEVEAUX




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Gare SNCF dans un moment de déshérence
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